L’ ’île d’Orléans est connue comme un lieu exceptionnel pour la richesse de son patrimoine. Les habitants de l’île sont conscients de la dimension nationale du riche héritage patrimonial et historique dont ils ont hérité. Ils sont sensibles à la charge symbolique que l’Île continue de transporter, à leurs yeux mêmes comme à ceux de tous les québécois. Ils ont donc choisi de mettre en valeur les caractéristiques propres de l’Île, qui en font encore aujourd’hui la « terre mémoire » de l’Amérique française.
Patrimoines maritime et naturel, politique et territorial, social et familial, artistique et culturel, toute la chaîne historique, toute l’activité humaine y sont représentées. Les activités d’interprétation offertes dans les cinq lieux historiques de l’Île sont complètes en elles-mêmes, mais elles s’enrichissent en plus du Réseau d’histoire de l’île d’Orléans, une approche intégrée qui fait du patrimoine historique de l’Île une richesse exceptionnelle par sa complémentarité.
Vestiges d’un patrimoine historique d’une richesse exceptionnelle, parcourez ces six lieux d’interprétation qui vous raconteront, à leurs façons, le passé pertinent de l’île d’Orléans. Ici vous découvrirez le mode de vie des habitants de l’Île à l’époque du Régime seigneurial alors qu’ailleurs vous en apprendrez plus sur l’un des grands poètes francophones, mais partout, vous serez comblés par les connaissances que vous en retirerez.
Les étapes du circuit
Comment vivait-on sous le Régime français, alors que nous n’avions ni électricité, ni eau courante, ni confort ? Venez le découvrir en visitant la Maison Drouin, seule maison de l’île datant du Régime français et non modernisée. Vous y découvrirez comment vivaient vos ancêtres, les habitants de la Nouvelle-France. L’alimentation, l’architecture, le mode de vie, le travail et la famille sont abordés durant une visite guidée de 30 minutes. Vous prendrez conscience du rythme de vie des colons et du travail qu’ils devaient abattre chaque jour pour subvenir à leurs besoins et à ceux du seigneur.
Découvrez le Manoir Mauvide-Genest (1734), résidence Louis XV d’un chirurgien devenu seigneur, restaurée et meublée avec rigueur. Des guides en costume d’époque relatent la vie au temps du régime seigneurial français. Un multimédia, des activités pédagogiques et des conférences complètent la programmation
Automne 2020. En pleine pandémie de COVID. La plupart d’entre nous étions bien en sécurité à la maison, espérant que le tout se termine rapidement. Pour leur part, le couple Raphaëlle Imbault et Laurence Latraverse se « magasinaient » un commerce de vêtements dans le Village. Fallait le faire. Fallait oser.

Justement, c’est la boutique « OSEZ » de la rue Wolfe, en opération depuis 2004, qui était dans leur mire. Le propriétaire, Simon, les informe alors qu’il est en processus pour mettre fin aux affaires. À moins qu’elles acceptent de l’acquérir et de prendre la relève. D’autant plus qu’elles y achetaient plusieurs de leurs vêtements déjà depuis quelques années.
Raphaëlle était déjà familière avec le Village et ses particularités. Elle a travaillé au Cabaret Mado, au bar, pendant quelques années et fréquentait les établissements et commerces du secteur régulièrement. C’est chez Mado d’ailleurs qu’elle a rencontré celle qui est devenue sa conjointe depuis maintenant 13 ans. Ni une ni l’autre n’avait d’expérience en gestion de commerce.
Pourtant, étant donné qu’elles connaissaient bien cette boutique et son offre de vêtements, dont une grande partie unisexe, elles ont décidé de faire le saut, avec le support de leur ami Simon. « Nous n’avions pas l’intention de la changer, de la transformer. Notre souhait le plus cher, c’était de la garder ouverte. Avant tout. Nous croyons à ce quartier. Nous étions prêtes à nous engager pour contribuer à son maintien, et peut-être ainsi à améliorer le sort de chacun de ceux et celles qui y vivent, qui y viennent chercher des produits et services », explique Raphaëlle.
En octobre 2020, elles prennent possession des clefs de la boutique et font les premières commandes de vêtements, dont une série pour femmes, qui s’avéreront de tailles trop petites, à leur grand désarroi. Elles choisissent d’en faire don au magasin Le Chaînon, en partie, et à un autre organisme communautaire.
Comble de malchance, à l’hiver 2021, les vitrines de la boutique sont l’objet de vandalisme, à deux reprises en l’espace de quelques semaines, et un certain nombre de vêtements exposés en vitrine disparaissent. Pourtant, jamais rien de tel n’était arrivé au cours des 14 années précédentes.
Qu’à cela ne tienne, le couple se relève les manches et poursuit son engagement à servir la clientèle composée à 70% d’hommes. Les étalages proposent des vêtements tout aller haut et moyen de gamme, dont certains proviennent de grandes marques comme Lacoste et Diesel. Autant les femmes que les hommes y trouvent de quoi satisfaire leurs goûts. Certains produits leur sont exclusifs dans un environnement de quelques kilomètres. Elles cherchent à maintenir des prix abordables même si la récession a généré une certaine augmentation des coûts chez les fournisseurs.

La variété des items offerts est vaste : hauts et bas divers (sport et classiques), accessoires, kangourous, sacs, casquettes, chandelles, aromathérapie, savons, etc.
La non-binarité étant socialement en vogue dans les discours, l’idée de « dégenrer » ou du moins de mélanger/neutraliser les genres dans le vêtement est aussi présente au niveau de plusieurs collections de sportwear et de streetwear, notamment avec la marque Scotch and Soda.
Elles donnent du travail occasionnel à deux autres personnes. Les heures d’ouverture sont aménagées en fonction des saisons. Jusqu’à la piétonisation en mai, la boutique est ouverte à midi du lundi au samedi. Ensuite elles seront étendues à la faveur de l’achalandage grandissant de l’été.

Disons-le, l’endroit est agréable, bien localisé à moins de 50 mètres de l’intersection de la rue Sainte-Catherine. Le décor est simple, lumineux, et sympathique. Des cabines d’essayage attendent les clients à l’arrière et de larges miroirs couvrent des sections de murs, créant un effet de grandeur.
Raphaëlle et Laurence sont toujours fières et heureuses de leur décision et entendent poursuivre leur présence, rue Wolfe, encore longtemps. Elles ont osé et on ne peut que les féliciter pour l’avoir fait dans un contexte aussi difficile et risqué.
Boutique OSEZ
boutiqueosez.com
1320 Rue Wolfe
Montréal, QC H2L 3J3
(514) 521-2004
La vieille ville, le secteur touristique par excellence de Québec, compte la plus grande concentration de restaurants et de tables gastronomiques de Québec. Dans la tradition de Serge Bruyère, on y trouve parmi les plus grands chefs du Québec. Pensons aux Jean-Luc Boulay (Le Saint-Amour et Chez Boulay) Arnaud Marchand (Chez Boulay), Daniel Vézina (Laurie Raphaël) et Louis Pacquelin (Panache). Jean-Luc Boulay et Arnaud Marchand vous feront vivre l’expérience de la cuisine boréale mettant en valeur les produits typiquement québécois Chez Boulay au rez-de-chaussée de l’élégant Manoir Victoria, rue Saint-Jean. Non loin de là, le chef Jean-Luc Boulay préside aux destinées du Saint-Amour, une figure de proue de la gastronomie québécoise qui rend hommage aux fines denrées de notre terroir. Le Saint Amour se veut une figure de proue pour le rayonnement de la gastronomie québécoise. Dans le Top 10e des restaurants gastronomiques au Canada selon TripAdvisor, le Saint-Amour est un rendez-vous des stars de passage dans la capitale.
Sur la rue Saint-Stanislas, le chef Stéphane Roth veille aux cuisines du Patriarche, un établissement classé cinq-diamants. Du côté du Vieux-Port, le restaurant Panache installé dans un ancien entrepôt du XVIIIe siècle et intégré à l’Auberge Saint-Antoine, vous fera découvrir la cuisine raffinée du chef Louis Pacquelin digne des Relais et Châteaux. Au passage, découvrez les artéfacts mis en valeur dans les murs du bâtiment, rappelant la riche histoire des lieux qui ont vu naître la colonie.
Les touristes apprécient aussi Les Anciens Canadiens , un restaurant établi dans un bâtiment patrimonial qui vous permet de découvrir ou de revisiter les classiques de la cuisine traditionnelle québécoise. Non loin du Château Frontenac, le Continental est réputé pour ses flambés. Le Parmesan à deux pas met à l’honneur les classiques de la cuisine italienne.
Mado Lamotte est un personnage incontournable de la vie nocturne du Village depuis maintenant plus de vingt ans. Tellement incontournable qu’elle a littéralement tête sur rue dans l’enseigne du Cabaret Mado qui porte son nom depuis 2002 et où elle est indubitablement la reine des lieux. De loin la plus connue des drag queens du Québec, elle a révolutionné le genre par son personnage extravagant et caricatural à l’humour bitch grinchant, ses perruques, ses maquillages flyées et ses costumes délirants. Une notoriété qui s’est même installé outre-Atlantique où elle aime bitcher nos cousins français qui l’invitent et en redemandent à Paris.
Luc Provost, l’homme derrière la bitch, a d’abord créé et rodé son personnage comme danseuse au Poodle, puis comme cigarette-girl au bar Le Lézard, sur le Plateau, dans le cadre des premiers Mardis interdits et aux Jeudis gais du Royal, les soirées Queenex dans le Quartier latin.
Mado a fait les belles heures de la vie gaie montréalaise avec ses fameux bingos initiés au bar Zorro avant de devenir les délirants Bingos à Mado au Sky Pub, puis au défunt Spectrum dans le Quartier des spectacles avant de faire le tour du Québec jusqu’au très chic Casino de Montréal. Elle est devenue une figure connue de la télé québécoise en participant à diverses émissions de variété et en agissant comme commentatrice des défilés de la fierté à la fin des années 1990 au défunt réseau Télévision Quatre Saisons.
Pendant des années, elle a attiré les plus grandes foules, des dizaines de milliers de spectateurs, à son spectacle annuel sur rue Mascara : La nuit des drags lors du festival LGBT Divers/Cité, l'un des plus grands événements drag au monde. Avec plus de 500 costumes de scène pour faire vivre son personnage, c’est une grande star dans l’univers des drag queens.
Autant de notoriété en a fait une des icônes de cire au Musée Grévin de Montréal depuis son ouverture en 2013. Mais mieux vaut aller la voir en personne dans son royaume, le Cabaret Mado pour goûter (ou subir) son humour grinchant.
Du côté de Sainte-Luce-sur-mer, le café-bistro de l’Anse-aux-Coques est une véritable institution. Bien situé juste en face de l’Anse aux coques et de sa promenade, on y sert une cuisine du terroir mettant en valeur les spécialités régionales, ainsi qu’un menu végétarien. Si près de la mer et avec un tel nom, on s’imagine bien que les poissons, fruits de mer sont à l’honneur. On y sert aussi des pâtes actualisées et fines pizzas, des grillades, déjeuners santé, des oeufs bénédictine en terrasse ou dans la superbe salle à manger. On s’y affale volontiers pour voir les visiteurs passer.
Sur un petit cap à côté de l’église et profitant d’une vue remarquable sur l’anse et le village, le Bistro des Ancrés propose comme son nom l’indique un menu bistro où moules & frites, homard, fish & chips, crevettes, pétoncles, côtes levées, filet mignon, salades, pâtes sont à l’honneur.
Culture
Bien avant l’émergence du Village, la rue Ste-Catherine était au cœur du Faubourg Québec un pôle culturel et de sorties à Montréal avec ses théâtres et cinémas. Témoin de la riche histoire du quartier, vous remarquerez sur la rue Sainte-Catherine le Théâtre National fondé en 1900 et qui fit les belles heures du burlesque avec les Rose Ouellette, Juliette Pétrie, Alys Robi et tant d’autres. C’est lorsque le Théâtre National fut transformé brièvement en Cinéma du Village dans les années 1980 que l’appellation Village apparut pour la première fois dans l’espace urbain. À côté du Théâtre National, le Ouimétoscope fut en 1906 le premier cinéma à Montréal. Il demeura en opération jusque dans les années 1980 en se consacrant au film de répertoire.
Témoin de la riche culture alternative de ce faubourg en marge, c’est dans un café de la rue Amherst que fut lu pour la première fois en public le manifeste du Refus Global en 1948. L’auteur de ce manifeste artistique des Automatistes considéré précurseur de la Révolution tranquille des années 1960, Paul-Émile Borduas, y remettait en question les valeurs traditionnelles et rejetait l’immobilisme de la société québécoise. Blasphématoire pour l’époque, il déclarait que le surréalisme ne pouvait coexister avec le dogme religieux et souhaitait plus que tout soustraire les contraintes morales afin de laisser s’épanouir la liberté individuelle. Le gite artistique La Loggia perpétue cette tradition et loge dans l’ancienne résidence et atelier d’un des signataires, l’artiste peintre et sculpteur Marcel Barbeau, décédé au début de 2016.
Le Village est largement le lieu qui a permis l’émergence des arts visuels gais, marqués par la mise en valeur du corps masculin et de l’homoérotisme. Yvon Goulet est un artiste recycleur qui peint notamment à l’endos d’anciennes affiches électorales des personnages et scènes de la vie du Village. Outre les nus masculins, Jean Chainey reproduit de façon hyperréaliste des bâtiments urbains en y ajoutant parfois une touche surréaliste. À chaque année depuis plus de vingt ans, les artistes en arts visuels prennent la rue à l'occasion de Montréal en Arts au début de l'été. Ce festival d’art montréalais célèbre au coeur du Village la créativité locale, la richesse de la diversité et le dynamisme de la relève. Accessible, gratuit, inclusif et festif, l'événement a pour mission de soutenir, de promouvoir les arts visuels grâce à plusieurs activités participatives et de créer un lien avec le grand public.
En face du Théâtre National, vous remarquerez la station de métro Beaudry, le premier édifice public au monde à arborer de façon permanente les couleurs de l’arc-en-ciel. En empruntant son long tapis roulant incliné, vous revivrez la situation étrange qui faisait paniquer Laura Cadieux, le célèbre personnage de Tremblay chaque fois qu’elle se rendait à son rendez-vous hebdomadaire chez le médecin.
et Patrimoine
Pour plonger dans la riche histoire de ce faubourg en marge, il est fortement conseillé d’explorer la rue Atateken, artère qui traverse le Village du Sud au Nord jusqu’au Parc Lafontaine. Des galeries, antiquaires, designers de mode, services d’esthétiques s’y sont installés en nombre pour ajouter à la qualité de vie du quartier. Pour découvrir l’histoire de cet ancien quartier industriel, un pôle majeur de la révolution industrielle au Canada au XIXe siècle, ne manquez pas de visiter l’Écomusée du Fier monde, voué à l’histoire du quartier et de cette époque charnière.
Le Village est plus qu’une artère commerciale. C’est un véritable quartier où la communauté gaie et lesbienne est très présente. Pour explorer le Village résidentiel, empruntez la petite rue Sainte-Rose des rues de la Visitation à Papineau et découvrez l’architecture unique de ce faubourg construit avant l’ère de l’automobile avec portes cochères et logements principaux aux étages. Vous y verrez des portes cochères donnant accès aux cours où se trouvaient les écuries avant l’adoption de ce mode d’urbanisme bien britannique qu’est la ruelle dans la 2e moitié du XIXe siècle.
Ici l’urbanisme antérieur à l’automobile fait se côtoyer les classes sociales et vous noterez près des églises et autres bâtiments conventuels, une architecture bien bourgeoise avec façades en pierre de taille et plus vous vous en éloignerez, plus l’architecture simple des maisons ouvrières basses en brique prendra le dessus. C’était avant que l’automobile permette aux gens aisés de s’éloigner des quartiers centraux enfumés par les nombreuses manufactures de l’ère industrielle vers l’air plus sain des flancs de la montagne qui sont encore aujourd’hui les quartiers par excellence de la grande bourgeoisie montréalaise.
Faites un détour par l’Église Saint-Pierre et tout le complexe conventuel qui l’entoure, autrefois au cœur de la vie du Faubourg Québec. Explorez les ruelles Dalcourt et Lartigue, promenez-vous dans les rues Logan et Lafontaine dominées par les mansardes où les arbres centenaires ont déformé les trottoirs.
Au sud du Village, en bordure du fleuve, la Maison du Gouverneur, l’ancienne prison du Pied-du-courant (1836) où furent pendus les Patriotes de 1837-38, et la brasserie Molson (1786) témoignent de la longue histoire du Faubourg Québec.
Né à Saint-Jérome, Dave St-Pierre est l’un des plus talentueux chorégraphes du Québec. Bien qu'atteint de fibrose kystique, il a mené une brillante carrière d'interprète en danse contemporaine avant que les limitations de sa maladie l'obligent à se tourner vers la chorégraphie. Après une greffe des poumons qu’il a raconté à la caméra dans le documentaire de Brigitte Poupart Over my dead body en 2012, il a poursuivi sa carrière qui l’a amené à se produire à travers le monde.
Le très audacieux danseur et chorégraphe a accumulé une impressionnante feuille de route, notamment avec Brouhaha Danse, de 1990 à 1996. Il a dansé par la suite pour plusieurs chorégraphes québécois, dont Harold Rhéaume, Daniel Léveillé et Jean-Pierre Perrault parcourant le Canada, les États-Unis et l’Europe. Dave St-Pierre a aussi foulé les planches dans plusieurs créations dont la comédie musicale Notre-Dame de Paris. Au cinéma, il a participé à deux productions de Cinéquanon Film, dont L’enfant de la musique, dans lequel il incarne Mozart, le rôle principal.
En 2004, il fonde sa propre compagnie. Dave St-Pierre crée alors des pièces à la fois sauvages et ébouriffées, déjantées et provocatrices, touchantes et tragiques. Sa trilogie amorcée avec La pornographie des âmes s’est inscrite comme le porte-étendard de l’énergie brute. C’est avec cette pièce que Dave St-Pierre fait sa marque. La pièce, présentée cinq fois à Montréal remporte le prix du Meilleur spectacle 2004 à Francfort. La pornographie des âmes a également été présentée en Europe à Munich, Berlin, Salzbourg, Wolfsburg et Amsterdam. Autant saluée par la presse que par le public, elle a été présentée de nombreuses fois à l’international. La pornographie des âmes (2004), Un peu de tendresse bordel de merde ! (2006) et Foudres (2012) ont été vues dans plusieurs festivals d’envergure tels que Le Festival d’Avignon et de prestigieux théâtres tels que le Théâtre de la Ville de Paris et le Sadler’s Wells (Londres). Ces pièces La Pornographie des âmes et Un Peu de tendresse bordel de merde!, deux oeuvres de groupe fortes, provocatrices, poétiques, créées dans l'urgence, ont connu un vif succès.
En parallèle, la compagnie a produit les spectacles Over my dead body (2009), Bibelot (2010) et Fake (2015). Dans Fake, Dave St-Pierre rencontre Céline Dion interprétée par un jeune acteur travesti et il s’interroge sur le vrai et le faux dans la démarche artistique.
La danse de la compagnie Dave St-Pierre est brute, toujours en alerte. Des mouvements saccadés, des attrapées violentes, des étreintes fragiles, faisant la plupart du temps appel à la nudité. Ne pas cacher la difficulté d’exécution, la fatigue, l’effort. Elle veut plutôt montrer, sans fard, en simplicité.
On a pu voir le travail chorégraphique de Dave dans plusieurs pièces de théâtre à Montréal, dont Le traitement, mise en scène par Claude Poissant à l’Espace Go en 2005. Brigitte Poupart l’approche pour travailler sur son spectacle Cérémonials et le Théâtre du Nouveau Monde fait appel à lui pour signer la direction de mouvement dans le classique La Tempête, mis en scène par Victor Pilon et Michel Lemieux.
Parallèlement, il collabore avec le Cirque du Soleil. En 2004, il signe la chorégraphie du méga-spectacle Soleil de Minuit, présenté à plus de 200 000 personnes dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal. Au cours de la même année, il remanie certaines sections chorégraphiques du spectacle Zumanity. En 2011, Love marque sa troisième collaboration avec le Cirque du Soleil.
S’il est né à Alma, c’est à Gatineau que Pierre Lapointe a grandi et a développé sa passion pour la chanson. C’est là qu’après avoir complété un diplôme en arts plastiques il s’inscrit au concours de la chanson Tout nouveau, tout show, avant de remporter en septembre 2001, le Premier Prix de la catégorie auteur compositeur interprète au Festival international de la chanson de Granby. Ce succès lui permet de présenter en novembre 2002 deux spectacles à Montréal, spectacles acclamés par la critique, puis de préparer son premier album. Sa carrière est lancée et elle franchit bientôt l’océan pour connaître un net succès en France.
Son œuvre s'inscrit dans la tradition de la chanson française avec des chansons aux textes travaillés, mais Pierre Lapointe est aussi influencé par la musique pop qu’il utilise pour la renouveler. Les arts graphiques et en particulier l’art numérique colorent l’univers de ses vidéoclips, un univers onirique et paradoxal, entre chansons mélancoliques et obscures sur fond de scénographies colorées voire provocatrices.
S’il se définit lui-même comme un chanteur populaire, il s’est d’abord fait connaître en se construisant un personnage de dandy égocentrique qui lui a permis de créer un décalage volontaire entre l'artiste sur scène et sa production largement biographique.
Si les relations amoureuses sont un des sujets de prédilection des chansons de Pierre Lapointe, il est demeuré jusqu’à tout récemment assez discret sur sa vie amoureuse. Après avoir parlé pour la première fois publiquement de son homosexualité en 2013, il s’est confié au journal parisien Libération en 2015. «C’est clair que j’aime les hommes, mais je n’en fais pas une cause à défendre, je ne veux que pas que ça prenne le dessus. J’ai mis du temps avant d’en parler au Québec. Je voulais qu’on pense d’abord à l’artiste avant de penser à son orientation sexuelle. C’est ce qui s’est passé. A notre époque, on n’est plus obligé de crier son homosexualité, il suffit de la vivre.»
C’est dans la Petite Italie de Montréal qu’est né Steve Galluccio, le scénariste de Mambo Italiano et de Funkytown, au début des années 1960, même s’il a grandi plus au nord dans le quartier Ahuntsic. Ouvertement gai, italien, montréalais et québécois, ces identités sont omniprésentes dans ses œuvres. Auteur de huit pièces de théâtre et lauréat de trois Gémeaux, Steve Galluccio qui parle couramment l'italien, le français et l'anglais, a également participé à l’écriture de scénarios pour des séries télévisées qui ont fait leur marque, dont Un gars, une fille. Sa pièce Mambo Italiano qui raconte avec humour l’amour difficile pour la famille italienne entre le fils Angelo et son ami d’enfance, le policier Nino, a été créée par la Compagnie Jean Duceppe, dans une traduction de Michel Tremblay, au cours de la saison 2000-2001 et a suscité l’engouement de la critique et du public. À l’automne 2001, la pièce était produite, dans sa version anglaise, au théâtre Centaur avec un succès inégalé pour cette salle. Il a participé à l’adaptation cinématographique de sa pièce réalisée par Émile Gaudreault qu’on a pu voir sur grand écran au printemps 2003.
Il a aussi écrit en anglais la mini-série Ciao Bella d’abord diffusée par CBC/Radio-Canada qui a connu une diffusion internationale. Plus récemment, en collaboration avec son complice Émile Gaudreault, il écrit la comédie dramatique Comment survivre à sa mère? qui a remporté le Prix du film canadien le plus populaire au Festival des Films du Monde de Montréal en 2007.
En 2011, Steve Galluccio nous a offert le long métrage Funkytown qui rappelle les belles années du disco au tournant des années 1970 et 1980 à Montréal dans le décor du Lime Light, un établissement très fréquenté par la clientèle gaie à l’époque. En octobre 2013, il a présenté sa nouvelle pièce The St.Léonard Chronicles au théâtre Centaur et en version française Les Chroniques de St-Léonard au Théâtre Jean-Duceppe en 2014-2015, pièce qui nous replonge dans la famille italienne de ce pôle de la communauté italo-montréalaise de la seconde moitié du XXe siècle.
Le plus important metteur en scène du Québec avec à son actif plus de 140 directions sur les planches, André Brassard a grandi à Rosemont où il habite toujours. Sa connaissance de l’univers du Vieux-Rosemont qui ressemble passablement au Plateau-Mont-Royal voisin n’est certes pas étrangère à la rencontre qui allait faire de lui le metteur en scène de toutes les pièces de Tremblay pendant presque vingt-cinq ans. C’est sa parenté profonde avec le monde de Michel Tremblay qui a fait d’André Brassard l’un des metteurs en scène les plus estimés et respectés du Québec.
La première bombe du tandem Tremblay-Brassard éclate au Théâtre du Rideau Vert en 1968 avec Les Belles-Sœurs. Pour la première fois, le ‘joual’ québécois monte sur les planches pour exprimer un drame universel. Ce coup d’envoi est véritablement un coup de maître: la dramaturgie québécoise, après Gélinas et Dubé, vient de prendre un envol qui révolutionnera toute la société.
Deux ans plus tard, il inaugure la scène du Centre national des Arts d’Ottawa avec son ami Tremblay dans une adaptation de Lysistrata d’Aristophane. Aux débuts des années 1970, il réalise les films Françoise Durocher, waitress et Il était une fois dans l’Est en collaboration avec Michel Tremblay. Il a reçu pour cette œuvre immense de 1985 à 2007 plusieurs prix du milieu du théâtre. En 2004, la soirée des Masques lui décernait le Prix Hommage pour l’ensemble de son œuvre. On lui doit aussi la première mise en scène des Feluettes de Michel-Marc Bouchard en 1986 pour laquelle il recevra en 1989 le Prix Gascon-Roux.
André Brassard devient ainsi directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts d’Ottawa de 1983 à 1989. Puis, de 1991 et 2000, il assure également la direction artistique de la section française de l’École nationale de théâtre du Canada établie à Montréal.
Ralenti considérablement par un accident vasculaire cérébral en 1999, Brassard s’est livré sans faux-fuyant dans sa biographie parue en 2010. Il y a affirmé notamment avoir toujours été ouvertement homosexuel, mais ne s’être jamais associé au Village. Son homosexualité, estime-t-il, devait l’ouvrir vers l’universel plutôt qu’entrainer un repli sur soi. La Grande Bibliothèque du Québec lui a consacré l’exposition Échos en 2015. Il célèbrait en 2021 ses 75 ans.
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